Quels strategies pour lutter contre le chomage des jeunes
Quels strategies pour lutter contre le chomage des jeunes
Une situation dramatique
En
Afrique Subsaharienne, entre 7 et 10 millions de jeunes intègrent,
chaque année, le marché du travail, et ce marché ne croît pas assez
rapidement pour les accueillir. A peine 10% trouvent un emploi
correspondant à leurs capacités, et beaucoup continuent à souffrir car,
dans certains pays, les salaires sont extrêmement bas. Parmi eux, il y a
de plus en plus de diplômés, et leur nombre, entre 1999 et 2009, a plus
que triplé, passant de 1,6 million à 4,9 millions. Ils seront
pratiquement le double en 2020, soit 9,6 millions de jeunes. Ces
diplômés quittent les universités sans emploi qui les attende. Il est
vrai que beaucoup ont choisi des filières moins professionnelles, comme
les sciences sociales, plutôt que des formations techniques.
En
premier lieu, l’absence de travail crée un sentiment d’exclu-sion et
d’inutilité qui entraîne violence, toxicomanie et extrémismes. Las des
années d’enseignement perdues, ces jeunes font de leurs gouvernements la
cible de leur frustration. Cherchant leur propre voie, ils manifestent
dans les rues, s’affrontent sur les campus et constituent le gros des
troupes en cas d’émeute.
Ensuite,
le chômage et le sous-emploi contraignent souvent les jeunes à attendre
pendant plusieurs années avant d’obtenir un logement décent, de pouvoir
se marier et avoir des enfants. Enfin, en période de redressement
économique, ils sont les derniers à être embauchés et, en période de
ralentissement, ils sont les premiers à être licenciés.
En
ville, la majorité des jeunes qui ont un emploi n’ont que des emplois
précaires, à faible productivité, le plus souvent dans le secteur
informel. Ils gagnent moins que le salaire minimum et ne sont pas en
mesure d’assurer à leur famille des conditions de vie décentes. Ils
souffrent donc d’une bien plus grande pauvreté – et sont fortement
exposés au risque, compte tenu des conditions dans lesquelles ils vivent
et travaillent.
En
zones rurales, le secteur agricole, qui regroupe la majeure partie des
travailleurs, souffre d’un sous-emploi saisonnier. Un grand nombre
travaillent moins d’heures qu’ils ne le souhaiteraient, gagnent moins
que leurs homologues des villes, utilisent moins leurs qualifications et
sont généralement moins productifs.
Il faut bien identifier les causes fondamentales du chômage des jeunes.
Une des grandes difficultés en Afrique Subsaharienne est l’absence de structuration du marché de l’emploi, où l’offre et la demande peuvent se rencontrer. Les entreprises créent peu d’emplois vu le coût élevé des intermédiaires et les réglementations rigides tant pour l’embauche que pour le licenciement.
Une des grandes difficultés en Afrique Subsaharienne est l’absence de structuration du marché de l’emploi, où l’offre et la demande peuvent se rencontrer. Les entreprises créent peu d’emplois vu le coût élevé des intermédiaires et les réglementations rigides tant pour l’embauche que pour le licenciement.
Autres
difficultés : la faiblesse des niveaux de compétences et la formation
professionnelle qui seule ne suffit pas pour remédier au fort chômage
des jeunes. Enfin, l’essoufflement de la croissance, des coûts du
travail élevés ou des demandes de salaire non réalistes de la part des
jeunes, la discrimination (surtout à l’encontre des jeunes
inexpérimentés), un accès médiocre à l’apprentissage de base, des
politiques publiques qui découragent le travail, tout cela compromet
l’accès rapide à un emploi.
Beaucoup
de jeunes quittent la campagne pour la ville dans l’espoir d’y trouver
des emplois et de meilleures conditions de vie. Mais parce que la
plupart des pays ne se sont pas encore engagés sur la voie de
l’industrialisation, les centres urbains ne sont pas en mesure de les
satisfaire. Donc, à court terme, seules les activités rurales, agricoles
ou non, peuvent effectivement créer des emplois pour la plupart des
nouveaux arrivants sur le marché du travail.
Il
y a plusieurs moyens d’améliorer la situation de l’emploi en Afrique
Subsaharienne : Malgré les remarques faites précédemment, il y a d’abord
la formation : il est essentiel que les pays continuent à développer la
formation, l’éducation continue et l’enseignement, ainsi que tous les
moyens d’améliorer les compétences, en accordant une attention
particulière aux jeunes. Mais la formation professionnelle ne doit plus
être considérée comme un simple moyen de « ramener à l’école » les
jeunes pour lesquels le système éducatif de base a échoué.
Il faut un
système de formation qui assure aux jeunes un maximum de compétences
durables (maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul), et de
compétences pour l’apprentissage tout au long de leur carrière. Elle
doit améliorer les compétences liées à des technologies précises et les
développer par la suite sur le lieu de travail.
Beaucoup
comptent aussi sur une agriculture moderne qui pourrait être un moyen
très important de création d’emplois et de richesse, et absorber un
grand nombre de jeunes candidats à la migration ou de jeunes qui font
actuellement ployer les villes sous le sous-emploi. Mais pour cela, il
faut trouver les stratégies qui rendent l’option agricole suffisamment
attractive pour que les jeunes s’y engagent ; il faut, entre autres,
passer d’une agriculture centrée sur la subsistance à une agriculture
qui se soucie davantage de la commercialisation, des gains de
productivité par l’innovation technologique et de l’appui des
infrastructures.
Les
régions rurales pourraient devenir plus attrayantes pour les jeunes
travailleurs, ce qui, à la longue, freinerait l’exode rural.
L’économie de beaucoup de pays africains dépend encore de la production
d’une ou deux marchandises de base. Ils pourraient diversifier leurs
activités, en transformant ces marchandises ou en développant
l’industrie manufacturière légère.
Les pays qui cherchent des solutions immédiates et de court terme pour remédier au problème du chômage retiennent souvent les projets de travaux publics. Mais dans un contexte de pauvreté chronique, ces projets n’ont pas d’effet important ou durable. Les emplois ainsi créés sont de courte durée — 4 mois environ — et les salaires sont bas.
On
peut encore encourager la diaspora africaine à investir. Les migrants
peuvent contribuer à la création d’emplois par le biais des envois de
fonds. Des Africains à l’étranger ont, dans plusieurs pays, financé des
projets collectifs dans leur village ( la poste, le système
d’alimentation en eau potable, des dispensaires communautaires et la
rénovation des écoles). De même, les migrants de retour peuvent tirer
parti de leur expérience et de leurs contacts pour établir des
entreprises. Ces réseaux de migrants doivent être considérés comme un
actif et être mieux exploités.
Pendant
longtemps, le secteur public a été le plus gros pourvoyeur d’emplois en
Afrique. Aujourd’hui, il ne peut plus remplir ce rôle. Il faut donc que
l’État fasse tout pour mettre en place des conditions propices au
développement du secteur privé, qui provoquera une augmentation de
l’investissement et de l’emploi.
| L’Afrique a la population la plus jeune au monde. Ses 200 millions de 15-24 ans constituent 20 % de la population, et 40 % de ceux qui sont en âge de travailler. Mais ils représentent aussi 60 % des chômeurs. « Le problème du chômage des jeunes en Afrique est plus complexe que dans les au-tres régions du monde. La lente croissance des économies ne permet pas de créer suffisamment d’emplois pour le grand nombre de diplômés qui arrivent chaque année sur le marché. » « Des jeunes hommes et des jeunes femmes traînent dans les rues des grandes villes sans avoir grand- chose à faire, et dans certains cas se livrent à délinquance. » Actuellement, on peut considérer que ce chômage des jeunes est comme une bombe qui, si on ne la désamorce pas, va exploser. |
Exactement , article très riche Monsieur Boukary , vive le travail bien fait , vivre le travail pour tous? sur ce il faut innover, il faut aider la jeunesse à créer mais le problème , il faut des jeunes conscients, disons , car de nos jours ,nous jeunes ne savons pas de fois faire la part des choses, la délinquance , juvénile , maladies, grossesses indésirées, alcoolisme, drogue! Vile la jeunesse batante et consciente d'ici et d'ailleurs.
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